Mondial 2026 : l'Afrique signe un record historique avec neuf équipes en seizièmes de finale
Neuf sélections africaines poursuivent leur aventure. Une performance inédite qui confirme la montée en puissance du continent.
LES CHIFFRES CLÉS
9 équipes africaines qualifiées sur 10 engagées
39 buts marqués
37 buts encaissés
4 qualifiées parmi les meilleurs troisièmes (RD Congo, Ghana, Algérie, Sénégal)
1 seule éliminée : la Tunisie
9 affiches africaines au programme des seizièmes de finale
Le football africain vient peut-être de franchir un cap. Au terme de la troisième et dernière journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, neuf des dix sélections africaines engagées poursuivent leur aventure en seizièmes de finale. Jamais le continent n’avait placé autant de représentants dans la phase à élimination directe d’un Mondial.
Ce résultat s’explique certes par le nouveau format de la compétition, qui qualifie les deux premiers de chaque groupe ainsi que les huit meilleurs troisièmes. Mais réduire cette performance à un simple effet mécanique serait passer à côté de l’essentiel.
Encore fallait-il saisir les opportunités offertes par cette nouvelle formule. Les équipes africaines l’ont fait mieux que la plupart des autres confédérations. Avec neuf équipes qualifiées sur dix engagées, elle devient la confédération la plus performante de cette phase de groupes, devant l’Amérique du Sud et l’Europe en taux de qualification.
Le Maroc, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud ont obtenu leur qualification par leur classement de deuxième leurs groupes respectifs. La RD Congo, le Ghana, l’Algérie et le Sénégal ont, quant à eux, validé leur billet parmi les huit meilleurs troisièmes de la compétition. Seule la Tunisie quitte le tournoi dès la phase de groupes.
Au-delà du nombre de qualifiés, cette première phase met en lumière une évolution plus profonde. Les sélections africaines n’ont pas seulement résisté aux grandes nations ; elles ont su gagner les matches qu’elles devaient gagner, revenir après des débuts difficiles et gérer des scénarios de forte pression. Une maturité collective qui tranche avec certaines campagnes passées.
Des statistiques qui racontent la progression du continent
Les chiffres confirment cette montée en puissance.
Après un premier tour marqué par une certaine inefficacité offensive, les sélections africaines ont progressivement trouvé leurs repères. Elles avaient inscrit sept buts lors de la première journée, puis douze lors de la deuxième. La troisième journée a confirmé cette dynamique avec vingt réalisations, soit la meilleure production offensive du continent depuis le début du tournoi.
Au total, les dix représentants africains terminent la phase de groupes avec 39 buts marqués contre 37 encaissés. L’équilibre reste perfectible sur le plan défensif, mais l’écart entre l’attaque et la défense s’est considérablement réduit grâce à une dernière journée beaucoup plus maîtrisée.
Le bilan comptable est tout aussi révélateur : cinq victoires, trois matches nuls et seulement deux défaites lors de cette troisième journée. Après des débuts parfois hésitants, plusieurs équipes ont montré une remarquable capacité de réaction au moment où la qualification se jouait.
Les confirmations : le Maroc, l’Égypte et la Côte d’Ivoire répondent présents
Le Maroc continue d’assumer le statut acquis depuis son parcours historique jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde 2022. Les Lions de l’Atlas n’ont pas seulement confirmé leur solidité défensive ; ils ont également démontré qu’ils savaient désormais faire le jeu face à des adversaires réputés plus abordables. Leur victoire nette contre Haïti (3-0), après un succès contre l’Écosse et un nul contre le Brésil, confirme qu’ils figurent parmi les sélections africaines les plus crédibles avant les matches à élimination directe.
L’Égypte a elle aussi répondu aux attentes. Après avoir tenu la Belgique en échec, dominé la Nouvelle-Zélande puis partagé les points avec l’Iran, les Pharaons terminent cette phase de groupes avec une équipe équilibrée, capable d’allier expérience et efficacité. Leur parcours leur permet d’aborder la suite de la compétition avec de réelles ambitions.
La Côte d’Ivoire, sacrée lors de la CAN 2023 disputée à domicile, confirme pour sa part son retour durable parmi les grandes nations africaines. Battus de justesse par l’Allemagne après une victoire inaugurale contre l’Équateur, les Éléphants ont parfaitement réagi en dominant Curaçao (2-0). Cette qualification valide les progrès observés depuis plusieurs saisons et replace la sélection ivoirienne parmi les prétendants les plus sérieux du continent.
A LIRE AUSSI : Mondial 2026 : le tri se précise pour les équipes africaines avant la troisième journée
Les révélations : le Cap-Vert et l’Afrique du Sud changent de dimension
S’il fallait retenir deux surprises positives de cette phase de groupes, elles viendraient du Cap-Vert et de l’Afrique du Sud.
Le Cap-Vert a construit sa qualification grâce à une remarquable discipline tactique. Après avoir neutralisé l’Espagne, tenu l’Uruguay en échec puis partagé les points avec l’Arabie saoudite, les Requins Bleus démontrent qu’ils savent désormais rivaliser avec des sélections beaucoup plus expérimentées. Leur organisation collective et leur capacité à fermer les espaces ont constitué l’une des belles leçons de ce premier tour.
L’Afrique du Sud a, elle aussi, su redresser une situation compromise. Battus d’entrée par le Mexique, les Bafana Bafana ont ensuite accroché la Tchéquie avant de battre la Corée du Sud dans un match décisif. Cette qualification récompense un groupe qui n’a jamais renoncé malgré un début de tournoi difficile.
Les qualifications arrachées : RD Congo, Ghana, Algérie et Sénégal ont su saisir leur chance
Les parcours de la RD Congo, du Ghana, de l’Algérie et du Sénégal illustrent parfaitement l’intérêt du nouveau format.
Tous quatre ont terminé troisièmes de leurs groupes, mais leurs performances leur ont permis de figurer parmi les huit meilleurs troisièmes qualifiés pour les seizièmes de finale.
La RD Congo a probablement réalisé la meilleure opération en terminant en tête de ce classement grâce à son succès convaincant contre l’Ouzbékistan (3-1). Le Ghana, malgré sa défaite contre la Croatie, a capitalisé sur son excellent début de tournoi pour poursuivre son aventure.
L’Algérie, largement battue par l’Argentine lors de son entrée en lice, a su se relever avec caractère en battant la Jordanie puis en arrachant un nul spectaculaire contre l’Autriche (3-3). Quant au Sénégal, il a évité une élimination précoce grâce à un succès éclatant (5-0) face à l’Irak. Avec trois points et une différence de buts de +2, les Lions de la Teranga décrochent la huitième et dernière place qualificative parmi les meilleurs troisièmes.
Cette capacité à rebondir après des débuts compliqués constitue l’un des enseignements majeurs de cette phase de groupes.
Le véritable enseignement de cette phase de groupes n'est pas seulement le nombre record de qualifiés. C'est la capacité des équipes africaines à transformer leurs progrès en résultats.
La Tunisie, seule véritable déception africaine
Au milieu de cette réussite collective, une sélection fait figure d’exception : la Tunisie. Les Aigles de Carthage quittent le tournoi sans avoir trouvé les ressources nécessaires pour inverser la tendance. Après les lourdes défaites contre la Suède (5-1) et le Japon (4-0), ils se sont inclinés une nouvelle fois face aux Pays-Bas (3-1), terminant leur campagne avec trois revers en autant de rencontres.
Au-delà des résultats, c’est surtout la fragilité défensive qui interpelle. Avec douze buts encaissés en trois matches, la Tunisie affiche le bilan le plus inquiétant parmi les représentants africains. Contrairement à d’autres sélections du continent qui ont su corriger leurs erreurs au fil du tournoi, elle n’a jamais trouvé les ajustements nécessaires pour redevenir compétitive malgré le changement d’entraîneur.
Cette élimination ouvre inévitablement une période de réflexion sur le projet sportif, le renouvellement de l’effectif et les choix techniques à l’approche des prochaines échéances continentales et internationales.
Les seizièmes de finale : neuf défis pour prolonger l’aventure
Le plus difficile commence désormais. La phase à élimination directe ne laisse plus aucune place au calcul. Chaque erreur peut mettre fin au parcours d’une sélection. Pour les neuf représentants africains encore en lice, les affiches des seizièmes de finale offriront un premier indicateur de leurs ambitions réelles.
L’Afrique du Sud ouvrira le bal dès ce dimanche 28 juin face au Canada. Revigorés par leur qualification, les Bafana Bafana devront faire preuve de la même solidarité défensive que lors de leur succès contre la Corée du Sud. Face à une équipe canadienne réputée pour sa vitesse dans les transitions, la maîtrise des espaces sera déterminante.
Le Maroc retrouvera les Pays-Bas dans l’un des chocs les plus attendus de ces seizièmes de finale. Les Lions de l’Atlas disposent de l’expérience acquise lors de leur parcours historique au Qatar, mais devront élever encore leur niveau d’intensité face à une sélection néerlandaise habituée aux grands rendez-vous. Cette affiche a tout d’un duel équilibré.
La Côte d’Ivoire sera opposée à la Norvège. Les Éléphants devront contenir la puissance offensive scandinave tout en exploitant leur vitesse de projection. Cette rencontre paraît à leur portée si les Ivoiriens retrouvent le réalisme affiché contre l’Équateur et Curaçao.
La RD Congo se mesurera à l’Angleterre. Sur le papier, les Léopards partiront outsiders, mais leur parcours démontre qu’ils savent souffrir collectivement et saisir les opportunités. Leur défi sera de résister à la pression anglaise tout en restant capables de se projeter rapidement vers l’avant.
Le Sénégal affrontera la Belgique dans une affiche qui rappelle les grandes confrontations entre l’Afrique et l’Europe. Les Lions de la Teranga arrivent relancés par leur démonstration contre l’Irak. Ils devront toutefois afficher beaucoup plus de rigueur défensive que lors de la phase de groupes pour espérer créer l’exploit.
L’Algérie croisera la Suisse. Les Fennecs auront l’occasion de confirmer leur spectaculaire remontée après leur entrée en lice manquée. Leur capacité à conserver leur équilibre défensif constituera probablement la clé de cette rencontre.
L’Égypte défiera l’Australie avec l’étiquette de favorite. Les Pharaons disposent de l’expérience et de la maîtrise tactique nécessaires pour franchir ce cap, à condition de convertir leurs temps forts en occasions franches.
Le Cap-Vert héritera sans doute du défi le plus relevé face à l’Argentine. Les Requins Bleus n’auront rien à perdre. Leur remarquable organisation défensive sera mise à rude épreuve, mais leur parcours jusqu’ici prouve qu’ils savent contrarier des adversaires théoriquement supérieurs.
Enfin, le Ghana sera opposé à la Colombie. Les Black Stars ont bâti leur qualification sur leur discipline collective. Pour poursuivre leur aventure, ils devront retrouver l’efficacité qui leur avait permis de battre le Panama et de neutraliser l’Angleterre.
LE PROGRAMME DES SEIZIEMES
DIMANCHE 28 JUIN
19H 00 : Afrique du Sud - Canada
MARDI 30 JUIN
01H00 : Pays-Bas - Maroc
17H00 : Côte d’Ivoire - Norvège
MERCREDI 1ER JUILLET
16H00 : Angleterre - RD Congo
20H00 : Belgique - Sénégal
VENDREDI 3 JUILLET
03H00 : Algérie - Suisse
18H00 : Australie - Égypte
22H00 : Argentine - Cap-Vert
SAMEDI 4 JUILLET
01H30 : Colombie - Ghana
Jusqu’où peut aller l’Afrique ?
L’objectif est désormais de transformer ce record de qualifications en véritable performance sportive.
Sur le papier, le Maroc, l’Égypte et la Côte d’Ivoire semblent disposer des meilleures chances d’accéder aux huitièmes de finale. Leur régularité durant la phase de groupes, leur expérience internationale et leur équilibre collectif en font les principaux atouts africains.
L’Algérie, le Sénégal et le Ghana constituent un deuxième cercle de prétendants. Leur qualification a été plus laborieuse, mais leurs effectifs possèdent suffisamment de qualité pour inquiéter n’importe quel adversaire dans un match à élimination directe.
Le Cap-Vert, la RD Congo et l’Afrique du Sud abordent leurs rencontres avec un statut d’outsider assumé. Leur parcours a déjà dépassé de nombreuses attentes, mais c’est précisément dans ce rôle qu’ils peuvent créer la surprise.
Une chose est certaine : rarement le football africain aura abordé une phase à élimination directe avec autant de représentants et autant d’ambitions.
LES FAVORIS AFRICAINS POUR LES HUITIEMES
🟢 Grandes chances
Maroc
Égypte
Côte d’Ivoire
🟡 Peuvent créer la surprise
Sénégal
Algérie
Ghana
🟠 Exploit attendu
Cap-Vert
RD Congo
Afrique du Sud
Un record qui demande confirmation
Cette phase de groupes restera comme un moment marquant pour le football africain. Neuf sélections qualifiées sur dix engagées constituent un résultat inédit qui témoigne d’une montée en puissance collective.
Mais le véritable test commence maintenant.
Les campagnes africaines les plus mémorables en Coupe du monde ne se sont jamais construites uniquement sur des qualifications en phase de groupes. Elles ont été marquées par des parcours qui ont changé le regard porté sur le continent, du Cameroun en 1990 au Sénégal en 2002, du Ghana en 2010 au Maroc en 2022.
Le Mondial 2026 offre désormais aux neuf représentants africains l’occasion d’écrire un nouveau chapitre de cette histoire. Le record est établi. Reste à savoir combien d’entre eux réussiront à le transformer en une épopée capable de marquer durablement cette Coupe du monde.





